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Note au lecteur : si possible, ayez à votre disposition un pianiste ou un enregistrement de la Fantaisie en Ut, op. 17, de Robert Schumann avant de lire ce texte.
Le musicien “interprète” une œuvre composée; le psychanalyste “interprète” “l'œuvre” en cours de composition chez (et avec) son analysant.
Dans ce travail, je voudrais essayer d'approcher cette expérience d'interprétation - en musique et en psychanalyse - en tant qu'expérience psychique, de suggérer des similitudes et des différences, et d'inviter le lecteur «psychanalytique» à entrer, en tant qu'auditeur, dans l'intimité d'une expérience d'interprétation musicale.
Mais avant d'aborder le vécu intérieur, if est sans doute nécessaire et important de faire mention des aspects liés au contexte socioculturel et à leur dimension historique.
Nous savons que la nature et les buts des interprétations en psychanalyse ont fort évolué depuis Freud : on n'explique plus au patient, d'une distance protectrice, d'autorité et de savoir, comment comprendre sa vie intrapsychique. De nos jours, on s'engage avec lui dans un processus de créativité et de découverte qui, bien que asymétrique dans le cadre et dans les visées, exige de se «mouiller».
Et en musique?
Brièvement, et en simplifiant à l'extrême, le sens même d'oeuvre composée à interpréter a évolué lentement dans notre monde occidental.