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L'empathie est, selon le Petit Robert, une «Faculté de s'identifier à quelqu'un, de ressentir ce qu'il ressent».
Je vais envisager le contrepoint de cette définition à travers des situations cliniques montrant diverses modalités de l'empathie de l'analyste comme une façon de ressentir ce que le patient ne ressent pas. Ma contribution personnelle s'attachera à développer en particulier la distinction entre sympathie et empathie, la place de la co-pensée par rapport à l'empathie, et son rapport avec les aspects contre-transférentiels.
J'avais développé, dans un soubassement théorique à ce travail (1) largement appuyé sur les conceptions de Bion, les modalités d'identification primaire qui permettaient à un observateur dans une situation non thérapeutique (dans le cadre de la méthode Esther Bick d'observation d'un bébé dans sa famille) de recevoir les aspects archaïques du fonctionnement psychique du bébé. Ces aspects, éléments Bêta de la conception de Bion, ne peuvent être transformés dans le psychisme immature du bébé et sont destinés à être expulsés. La fonction de transformation sera effectuée par un psychisme parental qui assurera cette fonction vitale, de telle sorte que puissent ensuite être retournés au bébé des éléments transformés, absorbabies par lui. Secondairement il pourra reprendre à son compte ce que Bion définit comme fonction alpha de la mère, s'y identifier et utiliser cette fonction pour transformer, mentaliser, représenter, symboliser…
Cette conception met au centre de la constitution de l'appareil psychique la relation avec l'autre dans une expérience vécue de relation contenant-contenu. Bion définit ainsi «la situation où l'élément Bêta, par exemple la peur de mourir, est projeté par le petit