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En tant qu'ensemble d'actes et de représentations, conscientes et inconscientes, la culture propose et/ou impose des repères permettant un ancrage identitaire et donnant du sens à ce qui, sans elle, serait anarchie ou chaos; sens dans lequel les individus peuvent se retrouver, dans tous les sens du terme, tant sur le plan réflexif intrapsychique que sur le plan interpsychique. Elle offre une mise en forme signifiante du mystère fondamental (et de l'angoisse qui peut y être associée) relatif à la vie et à la mort.
Parmi toutes les voies d'accès à la question des rapports entre culture et psychisme individuel les travaux conjoints des préhistoriens, psychanalystes et ethnologues offrent un éclairage selon une prise en compte spécifique de la temporalité. A un certain niveau de complexification mentale dans l'évolution des hominidés, le Néandertalien déjà aménageait des sépultures pour ses morts souvent disposés en position foetale ou accompagnés d'ocre rouge (1), signes probablement porteurs d'un certain degré de valeur symbolique lié à la vie dans ses rapports avec la mort, du moins selon une interprétation donnée dans l'après-coup, forcément subjective et donc, relative et évolutive. Le Néandertalien n'a cependant pas, à notre connaissance, créé des représentations au niveau d'élaboration qu'a atteint l'homo sapiens sapiens. D'évidence celui-ci investissait le négatif (on connaît les développements que la psychanalyse contemporaine a donné à cette notion, à la suite de Freud, Winnicott et Bion), tel qu'on peut en juger par la présence des “mains négatives” sur les parois des grottes pariétales, mains qui