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Comme la culture, dont elle émane, la Psychanalyse est créatrice de formes et l'espace analytique pourrait se définir comme une structure conçue pour faire émerger des formes psychiques et procéder, autant que possible, à leur développement. De même que la culture produit des formes multiples qui donnent sens au monde dans lequel nous vivons et organisent ainsi les vécus collectifs, la cure analytique organise et donne sens aux vécus personnels du patient.
On pourrait aussi dire que le processus analytique crée une micro culture, co-produit d'un cadre “extra-ordinaire” et des interactions de deux psychés, avec son histoire, ses rituels, son idiome, ses codes verbaux et non-verbaux. Patients et analystes - comme Freud forgeant la notion “complexe d'Oedipe” -, importent dans cet idiome singulier, unique, des éléments du champ culturel partagé, références littéraires, cinématographiques, musicales, picturales qui s'offrent comme support, figuration des vécus individuels et viennent étoffer encore par leurs résonances les niveaux de communication. Cependant cette entreprise de création ou réédition de formes se heurte parfois au silence, au rien, ou encore à un discours factice, quand la vie psychique a subi de tels ravages, qu'il n'y a plus de formes, de représentations et que seul le vide témoigne du désastre.
C'est là, que ce champ particulier de la culture qu'est la création artistique se révèle un apport essentiel pour l'analyste en offrant des représentations au plus obscur, au plus informe. Certaines oeuvres ouvrent des fenêtres sur des mondes psychiques, éclairent des modes de fonctionnement, des styles d'être-au-monde, qui, sans cette représentation demeureraient insus, inaccessibles à la pensée et à la communication.