You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
C'est sous la forme d'entretiens avec Michel Enaudeau, journaliste fin et intelligent, que Laurence Kahn, psychanalyste de l'APF (Association Psychanalytique de France), nous présente sa compréhension de la psychanalyse. Tous ceux qui, comme elle, pensent que la psychanalyse est encore bien autre chose qu'une simple pratique clinique - tombant ainsi sous ce que Adomo a critiqué comme une «professionnalisation» aliénante - trouveront sans doute beaucoup d'intérêt à la lecture de ses réflexions sur le fantasme, les cures d'enfant, la «scientrficité» de la psychanalyse, la relation individu/culture, et enfin «l'inhumanité» avec - hélas -son «grand avenir».
La psychanalyse, comme le soulignait Freud, n'est certes pas une «WeKanschauung», une vision donnée de la destinée du monde, mais représente quand bien même une pensée anthropologique : Freud a en effet développé une théorie qui décrit en détail les structures du fonctionnement psychique de l'être humain. Et tout comme l'expérience clinique, les grands événements de l'humanité à l'époque de Freud - première guerre mondiale, montée du nazisme -alimentent le déploiement de sa compréhension de «la chose inconsciente» et son devenir dans la culture.
Kahn commence en rappelant les grandes lignes de la pensée freudienne : en abandonnant sa neurotica, Freud arrache les productions fantasmatiques - tout comme le symptôme - à une source historique. Freud «invente» littéralement le fantasme dans sa compréhension psychanalytique en mettant en exergue les processus de transformation / déformation condensation, déplacement, annulation, renversement en son contraire, etc. qui sont à l'œuvre avant que nous ne prenions conscience d'un désir, d'un rêve, d'une représentation. C'est ainsi que Laurence Kahn, d'une façon concise, remet les pendules à l'heure quant à la vision