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De mi-1982 à 2001, j'ai assumé le poste d'adjoint à la direction médicale d'une clinique psychiatrique. Mes formations de psychiatre et de psychanalyste, souhaitées pour l'obtention de cette charge, m'ont permis de partager mon temps de travail entre la poursuite d'une pratique psychanalytique privée et le travail institutionnel. Cette double activité m'a permis d'appréhender, côté institutionnel, certaines manifestations psychopathologiques aiguës qui échappent habituellement à la consultation du psychanalyste. Les problèmes que posent certains types de pathologie à toute l'équipe soignante hospitalière sont particulièrement déroutants et ardus. Ils interpellent aussi le psychanalyste. C'est pourquoi, poussé par la curiosité de les comprendre, j'ai pu les appréhender dans le cadre institutionnel. De plus, j'ai dû apprendre à formuler mes idées et mes hypothèses de manière à pouvoir les communiquer de façon compréhensible pour qu'elles soient entendues par tous et répondent tant à la complexité de la question qu'à l'expérience vécue de chacun.
En milieu hospitalier psychiatrique, il est fréquent de recevoir des malades en urgence et contre leur gré. Leur état psychopathologique exige une réponse sans délai. Au cours de ce genre d'intervention auprès de malades effectuant un premier séjour en psychiatrie, j'ai pu rassembler une douzaine d'observations dont le dénominateur commun m'a paru suffisamment original pour que je m'y arrête et tente au fil du temps de l'expliciter. Cette étude en est le témoignage. Elle comporte la description phénoménologique d'un syndrome psychiatrique souvent mal explicité. Reprise d'un point de vue psychanalytique, cette étude tentera d'en dégager les valeurs économique et dynamique, selon le fonctionnement de la