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Nous adressons nos plus vifs remerciements à Jean-Luc Donnet pour l'entretien qu'il a bien voulu nous accorder.
Est-il tout à fait exagéré de déceler dans le débat théorique, en filigrane, un double désir qui est aussi bien une double crainte : que tout le monde dise pareil, que personne ne dise pareil: Babel ou langue de bois. Faudrait-il admettre que le débat véridique passe par la perte de la doctrine et l'aléa de sa retrouvaille? Mais alors se profile la reconnaissance fugitive de ce que les notions ultimes renvoient, comme dit Freud, à d'obscures préférences subjectives : par-delà l'illusion nécessaire de la théorisation partagée, se manifeste un « c'est ainsi que je pense », où la théorie implicite, inconsciente, se confondrait avec la structure même du pensoir.
ACTUELLEMENT, IL EST BEAUCOUP QUESTION DE LA CRISE DE LA PSYCHANALYSE, DU MALAISE AU SEIN MEME DU CHAMP PSYCHANALYTIQUE. QU'EN PENSEZ-VOUS?
La question est bien difficile. Je n'ai pas l'impression d'avoir les moyens de repérer clairement les difficultés dans ce que Ton pourrait appeler le champ de la psychanalyse dans la mesure où plus elle est partout, plus elle est nulle part.
En particulier à cette époque d'empire des médias, il est très difficile de prétendre qui représente la psychanalyse. Sont-ce les gens les mieux introduits auprès des médias? Sont-ce les analystes qui dans certains cercles plus ou moins larges sont les plus reconnus? Sont-ce ceux qui ont écrit? Sont-ce ceux qui sont considérés par leurs