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La psychanalyse selon Freud, en principe, prévoit ceci comme but de la cure : « rendre conscient l'inconscient, supprimer les refoulements, combler les lacunes de l'amnésie » (1916-17a, OeC XIV p. 451, « accomplir ce progrès allant du principe de plaisir vers le principe de réalité» (1916d, OeC XV p. 16), prévenir tout retour au narcissisme en se situant dans une filiation paternelle — complexe d'oedipe (1912-13a, OeC XI p. 376-379), renoncer aux illusions et reconnaître la réalité (1927c, OeC XVIII p. 189-191).
Or, on sait aujourd'hui davantage qu'autrefois, au travers des recherches sur les sciences elles-mêmes, que la réalité en tant que telle n'existe pas, qu'elle est fonction de l'observateur et de la théorie implicite ou explicite qui sous-tend l'observation. Donc, reconnaître quelle réalité? Dans l'optique freudienne qui a toujours tenté de relier l'ontogenèse du psychisme individuel è l'histoire de son groupe, voire è la phyiogenese de l'espèce, les fantasmes originaires, reflet de la préhistoire, nous contraignent è travers l'héritage phylogénétique et sa répétition raccourcie dans l'ontogenèse, è reconnaître les limites entre générations et sexes, è nous soumettre è la loi symbolique représentée par le père de la horde primitive et ainsi trouver une « juste » place dans la scène originaire. Selon Freud (1912-13a), le meurtre du père est è l'origine du sentiment de culpabilité de l'homme - sentiment indispensable au renoncement pulsionnel, è la sublimation et ainsi è ce que Freud avait nommé « travail de culture ». Toutefois, l'être humain, d'une façon structurale, reste assujetti au conflit pulsionnel originaire. De surcroît, ainsi que l'affirme le redoutable diagnostic freudien, le renoncement