You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
SF/CFD : Nous vous remercions d'avoir accepté de nous rencontrer pour cette interview. Votre expérience professionnelle et personnelle est riche de multiples facettes : vous avez été président de la FEPAL (Fédération Psychanalytique d'Amérique Latine), ce qui vous permet de bien connaître la situation en Amérique Latine et vous êtes actuellement membre du « board » de l'Association Internationale de Psychanalyse (IPA). Mais vous connaissez bien l'Europe aussi puisque, pour fuir les persécutions politiques dans votre pays, l'Uruguay, vous vous êtes exilé en France où vous avez vécu et travaillé de 1976 è 1989. Pourriez-vous, è la vue de votre expérience multiple, nous décrire votre perception de la psychanalyse actuellement?
Marcelo Vinar : C'est une bonne question ! Je n'aime pas la façon dont on parle de la crise de la psychanalyse parce que cette question s'est posée è cause de la diminution du nombre des patients pour la cure classique et de la diminution des demandes pour la formation des candidats psychanalystes. Désigner la maladie (de la psychanalyse) par les symptômes, ce n'est pas une bonne approche, on ne peut pas psychanalyser la maladie comme cela. C'est vrai que dans certaines régions ou certains pays, et ceci souvent pour des raisons tout è fait différentes, il y a moins de demandes qu'auparavant. En effet, la vie est un peu plus difficile pour certains psychanalystes è certains endroits surtout pour les jeunes qui commencent leur carrière mais c'est pareil pour la plupart des professions libérales. Auparavant, celui qui le désirait faisait carrière en psychanalyse et le métier de psychanalyste était une façon
certaine de gagner sa vie. Ce n'est plus le cas actuellement. C'est pareil pour les médecins ou les architectes. Il y a une crise des professions libérales en général.
Question : Le fait que la psychanalyse ait de plus en plus été envisagée comme une carrière et non pas comme une vocation n'a-t-il pas contribué è cette situation de crise qui se ma