You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Chers Collègues, en vous lisant pour préparer ma venue ici parmi vous, à Bruxelles ce 8 et 9 octobre 2005, j'ai eu l'impression de me trouver dans la même disposition d'esprit que vous. Etat d'esprit que je pourrais décrire ainsi : une conception classique de l'analyse étant acquise, partagée, et allant en quelque sorte de soi, comment l'enrichir et la développer créativement, dans un état d'esprit sincère, ouvert et généreux, au service d'un éventail toujours plus étendu de patients?(1)
La psychanalyse est d'abord une colossale épreuve d'altérité pour l'analyste ! Nous sous-estimons le problème de l'altérité. Permettez-moi cette boutade : l'analyste est la principale source de résistance à l'analyse ! Je veux dire qu'il y a plus de différences psychiques que de différences physiques entre les humains et que nous, analystes, sommes confinés par la nécessité d'avoir un moi, dans une finitude singulière qui s'avère incapable d'accueillir en nous la vertigineuse altérité des infinies variétés de l'autre, et pourtant c'est bien la tache que nous nous assignons au quotidien !
Toutes mes contributions théoriques récentes visent d'abord à nous aider à penser la difficile mise au service de notre psyché pour un autre, dans une relation d'inconnu
l'écoute comme dialogique entre « éprouver sans comprendre » et « éprouver pour comprendre »,
Je reprends ici en le remaniant et en le complétant le texte de ma conférence à Bruxelles le samedi 8 octobre 2005.
la théorie de l'analyste en tant « qu'attracteur substituable » à tous les objets du patient, et au sujet lui-même (1),
et enfin la théorie du potentiel hallucinatoire et de l'hallucinatoire de transfert dont je vais vous parler aujourd'hui.
Je rappelle que le silence de l'analyste s'est imposé d'abord face à ce problème de l'altérité. Le silence est d'abord et toujours un silence d'accueil de la parole du patient bien entendu, mais au-delà, si l'analyste continue de se taire c'est parce qu'il a le sentiment que, parlant