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Cet article portera sur l'étude de la conviction et du doute au cœur de la cure psychanalytique. Ce qui fait qu'un individu en souffrance va choisir, parmi la très large palette de psychothérapies proposées sur le marché de la santé mentale, de faire une psychanalyse. Ce qui le pousse à faire ce pari d'engager son destin dans une relation avec un analyste dont il ne connaît pas grand-chose, et dont il n'apprendra pas beaucoup plus. Quelles épreuves du doute traversera-t-il? Et que fera-t-il de ces doutes? Comment y réagira son analyste? Comment l'analysant réagira à ces réactions? Quelles influences auront-elles sur le processus de la cure? Comment se forgera une conviction suffisante pour continuer malgré tout l'analyse? De quelle nature est cette conviction? Est-il possible d'en examiner la composition? Est-elle le produit de la suggestion ou peut-on y déceler quelque élément objectif?
Pour faire une psychanalyse, il faut le vouloir, il faut y croire. Mais en quoi? Et dans quelle mesure? Et y croire suffit-il? L'exploration des doutes et des convictions au sein de la cure sera précédée d'un aperçu des doutes fondamentaux sur la psychanalyse en général. Le fait qu'elle ne se prête guère à l'évaluation de son efficacité la rend suspecte aux yeux de beaucoup. Je récapitulerai les principaux arguments de ses adversaires. Certaines critiques étant de plus en plus médiatisées, l'analysant a aussi à les affronter et à les intégrer dans son travail analytique. Elles nourrissent ses doutes et, de ce fait, constituent la toile de fond culturelle de la cure psychanalytique d'aujourd'hui. J'examinerai les objections de quatre auteurs qui m'ont semblé représentatifs, chacun dans leur style, des grandes critiques