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Lorsque Françoise Lotstra(1) et André De Nayer(2) m'ont invitée, en tant que psychanalyste, à une journée de réflexion et de dialogue entre psychiatres, neuroscientifiques et psychanalystes, je me suis axée sur quelques aspects du modèle freudien qui me permettraient de penser d'éventuelles passerelles entre deux disciplines extrêmement différentes et hétérogènes. Il m'a semblé que, notamment, la théorie de la perception chez Freud pouvait rendre compte de (a pertinence d'une réflexion commune sur la question de la trace : trace psychique, trace synaptique qui néanmoins appartiennent à deux ordres hétérogènes.
Lors de cette conférence, Pierre Magistretti et François Ansermet(3) ont développé et exposé la notion de plasticité cérébrale qui intéresse les neuroscientifiques contemporains :
« Ce qui rend possible le concept de plasticité, c'est d'aborder de manière critique la modulation de l'expression du génotype par des facteurs du milieu ou de l'environnement au-delà de l'idée d'interaction. On est en présence de deux déterminismes, parallèles mais différents : un déterminisme génétique, certes plurigénique, et un déterminisme environnemental ou psychique, qui se trouvent noués d'une façon particulière dans le phénomène de la plasticité. Il n'y aurait pas plus de détermination génétique que de détermination environnementale ou psychique : il y aurait, au contraire, deux déterminations dont l'articulation est à penser à travers le phénomène de plasticité.
Françoise Lotstra, psychiatre, professeur de neuroanatomie à l'Université Libre de Bruxelles.
André De Nayer, psychiatre, secrétaire général du BCNBP.
Auteurs de « A chacun son cerveau ».
Page 67La plasticité permet ainsi d'exploiter à l'extrême le spectre des possibles différences, laissant toute sa place à l'imprévisible dans la construction de l'individualité, l'individu pouvant être considéré comme biologiquement déterminé pour être libre, c'est-à-dire pour réaliser une exception à l'universel qui le porte ».