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«Et si la pensée était autant une affaire de peau que de cerveau»
C'était en avril 85 à l'ARPP (Association pour la recherche en psychothérapie psychanalytique), Jim Innes-Smith était venu donner un séminaire qu'il avait intitulé «La parole et le corps dans les psychothérapies».
J'en retiens ceci: la parole peut favoriser un mouvement régressif vers les états mentaux archaïques précoces préverbaux mais aussi être une résistance, servir la pensée défensive qui éloigne du niveau de la sensation et de l'expression dans la langue des sensations.
Et de nous citer le rêve d'un de ses patients:
Il s'agit de quelqu'un qui lit un livre et tourne les pages en mouillant son doigt avec de la salive; on pourrait s'intéresser au livre, à son contenu etc…, Jim quant à lui était intervenu sur la sensation de la salive sur le doigt et dans la bouche.
Entre ces sensations et les objets disait-il, naît comme un modus Vivendi qui est la base de la relation.
J'ai été émue en retrouvant ces notes qui synthétisent bien quelques-unes des réflexions de notre groupe de travail.
Par ailleurs, elles font écho avec ce que Jeannine Delgouffre et moi nous nous formulons depuis longtemps à propos de certaines thérapies d'enfants et que je vais illustrer à travers deux vignettes cliniques:
L'interprétation verbale «classique» est-elle suffisante au sein de la relation transférotransférentielle pour mobiliser une transformation psychique sans passer par son expérimentation corporelle vécue et partagée avec le thérapeute?