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Qu'en est-il de l'ado, ce grand enfant qui cesse brutalement d'être enfant dans son corps, mais qui ne sait pas encore se fier à des modifications stables dans son aire psychique? Comment le mener, lui aussi, à une vraie parole, un langage symbolique, étoffé par des expériences vécues et non par un «ronron» faux self?
Il semble qu'il s'agisse de trouver pour ces analysants d'âge immature, enfants comme adolescents, un média pour travailler les questions de leur narcissisme de base, leur sentiment de «being» afin d'éviter une fuite dans un dialogue «comme si».
Les expériences quotidiennes des jeunes enfants sont proches du jeu, même si l'enfant devant nous ne sait pas vraiment jouer un jeu symboliquement.
Pour les ados, par contre, cela ne va plus de soi. Et, néanmoins, c'est de leur corps qu'ils souffrent, ils sont mal dans leur peau, mal dans leur être.
Se laisserait-on entraîner alors dans un setting qui fait appel à la secondarisation, c'est-à-dire à la communication verbale de désirs, projets, craintes, sentiments, rêves, pensées tout court, quand on sait que leur vraie souffrance se situe au niveau de l'articulation de ces pensées-là avec un corps secoué par une pulsionnalité effractante.
Une thérapie dite ‘corporelle’ n'est pas possible, de leur corps il faut rester à grande distance. Ils veulent parler, quoi d'autre? On ne va pas proposer des dessins, ni des jeux quand même !
Voici quelques citations d'auteurs qui ont étudié l'adolescence et ses avatars, et auxquels, parmi d'autres, je me suis référée dans mes propres réflexions à ce sujet.
André Alsteens: Derrière le rideau des pulsions et de ses défenses, se profile une question fondamentale, celle de la crise narcissique, propre à l'adolescence. Limage de Soi est vivement sollicitée à travers le bouleversement à la fois biologique et psychique. Cela se