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Le travail analytique avec des patients appartenant à une culture différente de celle de l'analyste entraîne celui-ci à s'interroger sur l'origine culturelle et le sens de certains aspects de leur conduite et motivations conscientes mais aussi sur la réalité et le niveau d'inscription inconsciente d'affects et de représentations qui lui apparaissent comme étant marqués par une dimension collective différente à la sienne. Il est vrai que la praxis analytique installe au cœur de ceux qui la vivent l'expérience intime de l'étrangeté, du Moi divisé, habité d'inconnu (2) et de YHunheimlich freudien, alors même que la vie quotidienne et les exigences de la réalité conduisent imperceptiblement à une relative clôture à l'inconscient. Que ce qui imprègne notre sensibilité et entendement soit intuitif ou construit et repris par la pensée, élaboré analytiquement ou tache aveugle, insensiblement—et pire encore si Ton n'y prend garde ou est peu sensible aux vertus du soupçon—ce qui est susceptible d'être désirable ou craint, les aspirations, valeurs et codes collectifs, le catalogué socialement comme normal ou pathologique, finissent parfois par aller (un peu trop) de soi. A contrario la rencontre lors de processus analytiques avec I altérité culturelle, et ce d'autant plus si celle-ci n'est pas trop radicale, entraîne des incertitudes, d'imperceptibles glissements et sentiments d'étrangeté qui éveillent de nouvelles interrogations, ce qui enrichit le travail analytique en affinant l'écoute, en stimulant le travail de pensée mais aussi en