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Ce nouveau livre de Laurence Kahn propose une lecture serrée de la pensée de Freud sur le tragique constitutif de la destinée humaine.
L'auteur réinterroge le parcours de Freud et revisite différents débats épistémologiques dans un livre extrêmement dense qui se tient au plus près de la radicalité des positions freudiennes concernant le déterminisme pulsionnel, l'enracinement de la réalité psychique dans la pulsion de mort, et l'étrangeté, la dessaisie qui gisent au cœur de l'expérience humaine. Voilà un livre difficile qui met le doigt sur ce qui peut provoquer effroi ou déni: non seulement les Cieux sont vides mais encore la destructivité loge au cœur de l'homme. Celui-ci, habité d'inconnu, se voit dépossédé de ses illusions d'omnipotence et contrôle, voire plus radicalement encore du sens et de la direction de son destin singulier.
Choisissons deux fils principaux pour une lecture de ce livre ardu et rigoureux.
Un premier fil conducteur suit l'évolution de la théorie de la culture de Freud pour analyser son cheminement depuis une perspective encore habitée par la croyance au progrès possible de l'homme jusqu'à la prise en compte, radicale à la fin de sa vie, de la force de la destructivité et auto-destructivité, de «l'enracinement du principe destructeur dans la vie psychique » qu'il observe aussi bien dans la vie collective (la Grande Guerre de 1914-18) qu'interne (RTN, masochisme, mélancolie…).
Selon l'analyse de Kahn, les premiers textes de Freud, en gros jusqu'à Totem et Tabou, participent encore de la philosophie des