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J.D. Maurice, la première question que je voudrais te poser est de savoir ce qui t'avait motivé d'entreprendre cette aventure de fonder une Revue belge de psychanalyse.
M.H. Je vais tenter de répondre mais l'aventure que tu évoques date (déjà…) de plus de 25 ans ! Quand je sollicite ma mémoire, des impressions et des vécus émergent qui ne correspondent probablement pas tout à fait à la réalité de ce que furent les choses dans ce moment princeps. Quoi qu'il en soit…
A cette époque, avant l'existence de la revue, j'avais le sentiment prégnant qu'au sein de la SBP il existait des potentialités qui ne s'exprimaient pas. Les analystes de notre société avaient des choses à dire non seulement sur le plan psychanalytique stricto sensu mais le désir de participer aux débats d'idées existait également. Il me semblait aussi qu'il nous fallait nous ouvrir vers l'extérieur (au sens large). Une revue me paraissait répondre à ces attentes. En outre, j'étais sensible au fait qu'elle puisse contribuer au travail identitaire propre à tout analyste.
Dès le début, de nombreux collègues ont soutenu l'idée de la création d'une revue. Parallèlement cependant, une sérieuse résistance s'est fait jour devant pareille initiative. Nous eûmes des réunions nombreuses et animées destinées à affirmer le projet et vaincre les réticences. Le projet était devenu groupal. Les débats nous conduisirent toutefois à proposer une étape préliminaire qui nous était apparue comme indispensable pour apprécier la créativité des membres de la SBP: décision fut prise de créer un Bulletin biannuel, à diffusion restreinte qui serait un banc d'essai à l‘écriture.
Après quelques années, il devint évident que la proposition de créer un revue pouvait être réenvisagée. De nombreux collègues écrivaient et cet état perdurait.
Certains articles publiés dans le bulletin, dûment retravaillés par les auteurs, pouvaient être repris dans la revue. Par ailleurs, le Bulletin pouvait continuer sa propre existence. Il s'est en effet mai