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Il est difficile, après trente ans, de commenter un texte clinique écrit dans la spontanéité d'un émerveillement.
Plaisir à voir confirmées par une séance de psychothérapie les théories les plus complexes et les plus sophistiquées. Car c'est dans l'œuvre de Lacan, essentiellement, que puise la théorie qui a été faite de cette séquence clinique. Contraste entre la fraîcheur de l'observation d'une petite fille par une jeune thérapeute intuitive et l'aspect souvent ésotérique et ardu, en tout cas intellectualisant des concepts appliqués ici.
Pourquoi ce choix? Certainement à cause de l'époque où cette séance a surgi, à cause de “l'air du temps” auquel les réflexions les plus rigoureuses et les plus savantes elles-mêmes ne peuvent échapper, jusque dans l'usage du vocabulaire et des formes syntaxiques.
Ce petit texte n'avait pas d'autre prétention que d'illustrer comment un objet ne peut exister pour le sujet que s'il est symbolisé, ce qui signifie qu'il doit être retrouvé sur la trace de son absence.
Dès avant 1977, la symbolisation avait conquis une place prépondérante dans les écrits psychanalytiques, au point que son évocation abusive a fini par lasser la plupart.
Aujourd'hui, son prestige a diminué, laissant le champ libre à d'autres “articles de mode”, comme le transgénérationnel, la quasi divinisation attribuée au contre-transfert, le négatif… etc.
Ce qu'il faut retenir surtout de cet article, c'est que l'émerveillement ressenti à observer cette coïncidence entre théorie et clinique, émerveillement ressenti de temps à autre dans beaucoup de cures, ne présage en rien de leur évolution. Il n'y a pas dans le champ de la cure, de mutations brusques et décisives sans retour en arrière. Ces événements dit mutatifs ne sont que la ponctuation d'un mouvement évolutif certes, mais souvent très large et très lent. A moins que, comme dans le cas de la petite fille à l'orange, ils ne soient que des fleurs prometteuses mais éphémères, vite effacées sous le poids impitoyable de la com