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A la relecture de ce texte écrit il y a plus de vingt-cinq ans, les développements théoriques que j'y résume me semblent toujours d'actualité en ce qui concerne les pervers sexuels en tout cas.
Toutefois certaines idées ne me paraissent pas suffisamment clairement exprimées, sans doute parce qu'à l'époque pas suffisamment clairement pensées. Je les aborderai par le biais du cas clinique Patrick que j'ai relu à la fois avec la distance du temps écoulé et celle d'une expérience qui s'est depuis approfondie.
Dans ce début d'analyse, ce qui m'apparaît en premier lieu, c'est d'avoir trop compté sur la validité d'un scénario oedipien susceptible de contenir la massivité des affects négatifs liés à l'absence concrète de l'objet. Parallèlement et ceci étant cause de cela, m'apparaît aussi à quel point je ne mesurais pas combien fragile était la représentation de la continuité de l'objet et combien cela rendait toute construction relationnelle potentiellement explosive.
Sans aucun doute possible, un long travail aurait été nécessaire sur les vécus lors des séparations, à l'exclusion de toute interprétation visant les conflits pulsionnels. Le but étant d'assurer la constitution du Soi et de l'Objet, et de renforcer ainsi des bases narcissiques par trop défaillantes. Embrayer sur les thèmes oedipiens présents certes et même très vifs, mais sans assise suffisante, faisait courir le risque de répéter la situation de l'enfance: une excitation traumatique sans contenant, non gérée par l'environnement familial. Un long travail d'intériorisation d'un objet suffisamment adéquat, contenant et fiable restait à faire, structure encadrante pour les investissements erotiques et agressifs sous la forme de représentation d'objet (A. GREEN).
J'aurais pu être alertée par le manque de refoulement (crudités des fantasmes et des souvenirs) mais aussi par l'amnésie totale sur ce qui avait précédé ce moment « où il aurait perdu sa mère à l'arrivée d'une gouvernante ». Rien ne restait dans son discours