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Les axes envisagés en 1982, à savoir les rapports du silence avec l'analité, le narcissisme et la créativité dans la relation patient-analyste, n'étaient qu'un éclairage forcément restrictif sur un des phénomènes les plus signifiants de la situation analytique, pour autant qu'on le considère en dialectique mouvante avec la parole. “parole et silence ne sont opposés qu'à un niveau formel et (…) pour le psychanalyste, le silence est habité par des mots, ne fût-ce qu'à l'état potentiel (…). D'une façon analogue, la parole est porteuse de silence, dans le sens où on n'a jamais TOUT dit. (…) Que serait la parole sans le silence? Et vice-versa, comme on peut dire: que serait la mélodie sans les soupirs, et le jour sans la nuit?” (1982).
Freud n'a accordé au silence que peu d'intérêt et l'a considéré essentiellement comme une résistance.
Or on ne peut qu'être encore frappé aujourd'hui par la polysémie du silence et ses aspects à première vue contradictoires: silence de résistance, de rétention, défensif mais aussi formant et consolidant des limites intérieur-extérieur, silence de démarcation, silence délétère, de mort, silence de symbiose, silence élaboratif, de contemplation, de réceptivité ou encore silence phobogène, lié à l'angoisse de la séparation ou du vide … Le silence peut être vécu comme insupportable s'il renvoie aux différences suscitant l'angoisse de persécution, de perte d'objet, ou plus fondamentalement encore, de perte de la figurabilité.
Le silence et la parole, intrinsèquement liés, seraient alors dans un rapport figure-fond en interpénétration mouvante.
Comme le rappelle Green (2005), Winnicott affirme que « les analystes reconnaissent maintenant qu'une bonne partie de la communication entre le patient et l'analyste n'est pas verbalisée. (…) Le silence du patient est parfois plus porteur de significations essentielles que sa parole. ». Reste, évidemment la question de lui donner sens, tout en sachant que l'entreprise est asymptotique, paradoxe à accepter plu