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A propos de mon article “L'intégration de l'interprétation” paru dans le premier numéro de la Revue Belge de Psychanalyse en 1982, je reste d'accord avec l'ensemble de mon travail. J'y exposais quelques séances de l'analyse de deux petites filles prélatentielles où se déployaient des thèmes fantasmatiques analogues, ayant trait au désir de s'emparer des objets partiels de l'imago maternelle.
Mais ces deux enfants différaient par leur capacité d'élaboration mentale. L'une d'elle, Solange, avait une activité représentative très riche, alors que l'autre, Martine, se montrait très impulsive et toujours au bord du passage à l'acte. J'ai eu le sentiment que Solange était sensible au sens que je pouvais donner à ses productions, alors que Martine, dont l'état avait pourtant favorablement évolué, n'entendait rien de ce que je tentais de formuler.
Avec le recul de toutes ces années, je me pose en d'autres termes les questions du ressort thérapeutique permettant l'évolution de ces cas.
Les symptômes de Solange ayant motivé la consultation: anorexie et vomissements, ont disparu dès le début de l'analyse, et n'ont jamais récidivé.
Cette guérison symptomatique n'est donc pas due au travail interprétatif. L'état anxieux a mis bien plus de temps à s'apaiser. Ceci nous ramène à l'importance de l'effet de cadre et de la relation avec la thérapeute qui reçoit sans s'émouvoir une expression pulsionnelle débridée.
Je n'ai pas mentionné dans cet article centré sur l'interprétation un jeu répétitif de Solange: elle grimpait sur un appui de fenêtre assez élevé, et se lançait dans le vide vers moi qui la rattrapais dans mes bras.
Ceci n'a donné lieu à aucun commentaire de ma part, mais me semble témoigner de son besoin de tester ma capacité de “holding”. Elle manifestait beaucoup de plaisir dans ce jeu. Il me semble que nous étions là dans un registre dont j'ai développé la notion dans la suite, celui de la symbolisation concrète, où les affects liés à la relation d'objet sont “agis-joués” en im