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C'est à Greenson (1967) que nous devons la notion d'alliance de travail. Non qu'il soit le seul à avoir décrit ce paramètre de la cure psychanalytique. Cette notion essentiellement clinique s'inscrit dans la tradition anglo-saxonne mais elle est décrite sous des vocables variables. A titre d'exemple, on peut citer l'“alliance thérapeutique” de Zetzel, le “transfert rationnel” de Fénichel, le “transfert adulte” de Stone.
Le concept d'“alliance de travail” n'a pas reçu, de la part de l'école française, d'accueil bien enthousiaste. H me semble toutefois que l'importance accordée par Bouvet à l'existence d'un “moi observateur” chez l'analysant rend compte d'un facteur du champ analytique du même registre que l'alliance de travail.
Qu'est-ce donc que l'alliance de travail?
Soulignons tout d'abord que pour défendre le droit à l'existence de ce concept, Greenson s'appuie sur des considérations extraites des écrits cliniques de Freud. Dans “la dynamique du transfert”, Freud (1912) fait appel à la nécessité d'un “transfert positif pour dynamiser la cure. Par la suite , il évoquera l'établissement d'un “transfert efficace” comme garant d'une évolution favorable de l'analyse.
Dans un article consacré aux paramètres “non transférentiels” de la relation analytique, Greenson (1969) parle de “rapport non névrotique, rationnel, raisonnable qu'a le patient avec son analyste et qui lui permet de travailler dans la situation analytique dans un but réfléchi”.
Dans “Technique et pratique de la psychanalyse” (Greenson, 1967), il écrit: “C'est cette part raisonnable et réfléchie des sentiments du patient vis-à-vis de l'analyste qui définit ralliance de travail”.