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J'ai été immédiatement séduite par l'initiative de Jacques Delaunoy et du comité de rédaction qui invitent les auteurs qui ont participé au premier numéro de la revue belge de psychanalyse à revisiter ce qui fut leur contribution de l'époque. Ressusciter une période depuis si longtemps révolue constitue un travail de mémoire qui, en ce qui me concerne, éveille un double écho. D'une part, celui de l'enjeu institutionnel que représenta la sortie du premier numéro de la RBP; d'autre part, celui d'un jalon initial dans mon propre parcours d'écriture.
L'enjeu institutionnel d'abord. Je fus de celles qui, avec le premier comité de rédaction de la revue, accompagnèrent Maurice Haber, son fondateur, dans sa détermination à réaliser son projet, la création d'une tribune publique, témoin de la pensée de la SBP. C'est avec acharnement que M. Haber défendit les mobiles qui le poussaient à cette réalisation. Il estimait que le moment était venu d'ouvrir la pensée de la société au monde extérieur: certains articles du bulletin interne à la société, dont il fut également le fondateur, méritaient une plus large audience. Par ailleurs, il pensait que la revue en tant que lieu de publication offert par la société, pourrait encourager l'écriture parmi ses membres. Malgré la cohérence des arguments avancés, l'adhésion de la société à ce projet n'alla pas de soi… Les collaborateurs de la première heure se souviendront des luttes qu'il fallut soutenir pour que, finalement, le n° 1 de la RBP, automne 1982, voit le jour. Parution réalisée dans des conditions dont le souvenir reste, lui aussi, vivace. Tapé à la machine par une collègue, corrigé mot à mot par certains d'entre nous, il fut cependant imprimé, présenté sous le design d'un graphiste de renom, marque de naissance qu'il n'a jamais abandonnée ! Premier numéro que le comité de rédaction accueillit dans la liesse qu'on peut imaginer et qui, aujourd'hui, le contemple sans doute avec la nostalgie des combats gagnés mais révolus…
Les obje