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L'article de J. Godfrind sur l'alliance de travail dans la cure psychanalytique a suscité en moi quelques réflexions que je voudrais vous communiquer.
Le fait de soulever ce thème, peu abordé dans nos discussions, me paraît intéressant. En effet, la majorité des auteurs qui ont traité de ce sujet sont d'accord pour estimer que dans l'analyse d'un “névrosé”, l'alliance de travail est un phénomène qui s'installe sans problème, c'est une “donnée d'emblée”.
Toutefois, notre clientèle actuelle appartient de moins en moins aux névroses classiques et nos cures diffèrent de la cure type. Ceci pose problème au niveau des cas de supervision et, en réfléchissant à mon travail de supervision, je pense que la notion d'alliance de travail peut être utile à observer et parfois pas tellement facile à discerner pour un analyste en formation.
Certains jeunes collègues sont sensibles à l'instauration de cette alliance et perçoivent clairement le moment où s'installe à la fois le processus analytique révélé par la névrose de transfert et cette capacité du patient à faire “comme si” tout en gardant quelque part, consciemment ou non, la notion qu'il s'agit d'un “jeu”, dans le sens winnicottien d'une rencontre au niveau d'un espace transitionnel. Dans notre clientèle analytique actuelle, cette alliance de travail ne se présente pas automatiquement et il importe de le savoir, d'en tenir compte et d'essayer de l'instaurer, si le patient en a la capacité.
Comme les auteurs l'ont souligné, et Greenson y insiste plus particulièrement, il serait utile de pouvoir prévoir si cette capacité existera chez le patient au cours des entretiens préliminaires (ce qui me paraît bien difficile !).
Sandler (Sandler et coll., 1975) donne de l'alliance de travail la définition suivante: