You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« Ne bougez pas, ne dites rien, ne me touchez pas » s'écrie Emmy von N. en 1889, en précisant à Freud les éléments du dispositif qu'elle souhaite pour se sentir libre de dire et de penser.
Alors que Freud en est encore à appliquer les traitements cathartiques selon la méthode de Breuer, il se heurte déjà à la résistance de ses malades.
Dix ans plus tard, il aura complètement modifié sa méthode thérapeutique: la méthode hypnotique et suggestive laisse la place à l'association libre et à la naissance de la règle fondamentale. Association libre du côté du patient à laquelle répond l'écoute et l'interprétation du côté de l'analyste. La cure de parole est née — sous le primat de l'interdit du toucher — étroitement associée à l'invention du dispositif analytique qui en conditionne le déroulement.
La pensée psychanalytique — et celle de Freud en donne l'exemple — se constitue en appui sur l'oscillation entre les phénomènes étudiés et la construction des outils méthodologiques qui les traitent.
D'ailleurs, la cure doit âtre racontée au mâme titre qu'une expérience qui rend compte d'une démarche singulière et observable par un tiers, nous dit Freud (2).
La psychanalyse naît donc d'une pratique empirique qui donne lieu à une épistémologie de mâme qu'à une succession de modèles descriptifs qui seront le point de départ d'une exploration de la réalité psychique de nature inconsciente. Ces modèles sont en constant remaniement et peuvent âtre considérés comme des organisateurs face à la complexité. La démarche psychanalytique est donc exemplative de l'essence mâme de l'inconscient comme fondement de la réalité psychique.
La question que j'aborde: « Quel dispositif pour quel processus? » interroge d'emblée l'articulation entre les divers paramètres de la situation analytique: le problème des indications, le processus analytique, le transfert, le contre-transfert et enfin la