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La première rencontre entre psychanalyse et neurosciences s'est soldée, permettez-moi cette expression, par une fausse couche.
Il faut dire qu'à l'époque, en 1895, psychanalyse et neurosciences n'en étaient qu'à leurs premiers balbutiements.
On ne parlait pas de neurosciences mais de neurologie laquelle était encore une branche médicale des plus récentes puisque la mise en évidence des neurones datait d'à peine trois ans.
Quant à Freud lui-mâme, il était un neurologue qui tentait de comprendre une maladie bien mystérieuse pour l'époque l'hystérie pour laquelle ses collègues allemands et français se passionnaient car elle présentait un tableau clinique fort énigmatique.
Il venait, à la suite de ses différents travaux à Vienne et Paris et avec la collaboration de Breuer, de publier un livre sur l'hystérie où il développait ses propres théories assez originales.
C'est dans ce contexte extrâmement animé de la fin du XIXème siècle pour toutes les questions scientifiques que Freud a rencontré un oto-rhino-laryngologiste berlinois W. Fliess.
Ils sont encore jeunes, moins de quarante ans, passionnés, ambitieux avec un désir énorme de briller et d'âtre reconnu par leurs pairs.
Ils échafaudent théorie sur théorie concernant la biologie et la psychologie.
C'est à la suite d'un de leurs colloques, à deux tout un week-end à refaire le monde scientifique, que sur le chemin du retour, dans le train, Freud tente, probablement assez exalté, de jeter les bases biologiques de la psychologie, de la naturaliser, en griffonnant une série de schémas de neurones et de leurs fonctionnements pour rendre compte des phénomènes cliniques qu'il étudiait.