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La place qu'occupe le psychanalyste dans l'hôpital psychiatrique actuel n'est plus aussi évidente qu'il y a trente ans. La psychanalyse souffre toujours de la rémédicalisation de la psychiatrie et de la concurrence avec d'autres types de psychothérapies qui durent moins longtemps et dont l'évaluation empirique est plus facile. Pourtant, la psychanalyse moderne dispose d'assez de vitalité pour renouer avec une approche scientifique. La psychanalyse peut combler les lacunes qui pourraient résulter d'une psychiatrie objectivante et positiviste; elle seule peut combler le besoin d'une psychologie basée sur la subjectivité et l'intersubjectivité. Or, ce n'est pas seulement la psychanalyse qui est remise en question, mais également l'avenir de l'hôpital psychiatrique. L'hôpital psychiatrique n'est plus une institution rigide. En ce moment on a davantage besoin de petites unités multifonctionnelles, gérées de manière méthodique par des équipes spécialisées. Il incombe aux psychanalystes de réfléchir aux rôles qu'ils veulent jouer dans le circuit de soins et à la manière de les assumer.
Mon objectif en rédigeant ce texte a été de montrer comment, selon moi, ma formation de psychanalyste et mon évolution dans cette profession ont influencé mon activité de psychiatre dans un hôpital psychiatrique régional. Comme Wille (2005) l'a écrit, l'identité psychanalytique est, en un mot, la manière dont l'analyste se sent, consciemment et inconsciemment, analyste en fonction de la manière dont les différents aspects de la psychanalyse sont intériorisés. Je pense que l'on ne peut parler d'acquisition de l'identité psychanalytique que lorsque le candidat est en mesure de contrôler et assumer sur le long terme le cadre psychanalytique, c'est-à-dire