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“Traume sind schaume”: les rêves sont de l'écume. Ainsi dans son essai de 1915, “l'Inconscient”, Freud rappelait l'opinion communément admise selon laquelle les rêves sont dénués de sens.
Au sujet des rêves, le vécu populaire oscille souvent entre idéalisation et dépréciation totale: tantôt les rêves “n'ont aucun sens”, tantôt ils recèlent de grandes vérités, voire des prémonitions surprenantes.
Freud, qui n'était pas, de par son caractère, enclin au “magique”, avait d'une part vigoureusement démenti l'idée de “l'absence de sens”; mais il avait d'autre part aussi considéré le danger d'une idéalisation du rêve entendu comme un fait psychique de grande qualité fonctionnelle et avait ainsi opté pour une conception équilibrée entre ces deux extrêmes, choisissant une voie que nous lui connaissons bien, celle de se situer entre ces deux polarités.
Dans les “Remarques sur la théorie et la pratique de l'interprétation du rêve” (1923), par exemple, il mettait en garde les analystes contre le danger d'idéalisation d'un “inconscient mystérieux”, au point d'affirmer: “On oublie trop souvent que le rêve est la plupart du temps une pensée parmi d'autres”.
Déjà en 1901 dans l'écrit: “Sur le rêve”, il s'était exprimé au sujet du travail onirique de manière désabusée, à la limite réductrice: “… le travail du rêve n'est pas créateur, (…) il ne développe pas de fantaisie qui lui soit particulière; il ne porte pas de jugement, n'apporte pas de conclusion, il ne fait absolument rien d'autre que condenser le matériel, le déplacer, le remanier dans le sens de la visualisation, à quoi s'ajoute enfin le petit apport variable d'un