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Préfacé par René Roussillon, l'ouvrage récent de Susann Heenen-Wolff (SHW) propose une riche révision personnelle des fondements de la métapsychologie freudienne réinterrogés en contraste avec les présupposés explicites ou implicites de certains courants de la psychanalyse contemporaine. Son livre est illustré d'extraits généreusement détaillés de cures dans l'objectif d'expliciter sa réflexion théorique, ce à quoi elle parvient très bien, plutôt que d'approfondir des questions ou difficultés spécifiquement cliniques. Après son parcours analytique personnel entre autres en Allemagne et en France, SHW est depuis quelques années membre titulaire de la Société Belge de Psychanalyse. Elle montre dans son dernier livre tout l'intérêt qu'elle porte à la pensée clinique originale développée en Belgique en citant fréquemment, entre autres, les œuvres de Danièle Flagey, Jacqueline Godfrind, Michèle Van Lisebeth et Andrée Bauduin.
Comme son titre l'indique, le cœur de la pensée de SHW consiste à mettre en avant le pouvoir émancipateur de l'expérience analytique en s'interrogeant, à partir de Freud et de sa propre expérience clinique, comment on peut penser la liberté en psychanalyse quand on s'est confronté à la force, dans tout être humain, des déterminants inconscients, de la compulsion à la répétition, à « la surdétermination aussi de son vécu et de son fonctionnement psychique ». Elle décrit le pouvoir transformateur de la cure analytique par le jeu combiné du développement de la névrose de transfert et de l'interprétation dans le cadre tiercéisant de l'espace analytique qui permet une relative diminution des symptômes et mise à jour émancipatoire des déterminants inconscients en combinaison avec l'activation du potentiel de création d'une vérité nouvelle, toujours conjecturale. C'est dans le saut qualitatif que représente la capacité de « garder une tension entre la pensée du Moi-plaisir et celle du Moi-réalité »