You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le livre publié tout récemment par Andrée Bauduin réunit, en un ensemble dense et cohérent, des textes inédits et des travaux déjà publiés parfois remaniés.
Depuis la parution du très bel article « L'aliénation érotique de la fille à sa mère » qui lui valut de recevoir le prix Bouvet en 1995, Andrée Bauduin poursuit en effet sa réflexion sur l'aliénation — non psychotique — et l'imposture, thématique relativement peu étudiée dans sa spécificité par les psychanalystes contemporains.
Sa pensée se déploie au départ de rencontres cliniques peu banales, qui ont exigé une intense activité d'élaboration de la relation transférentielle, mais elle trouve aussi dans le domaine littéraire, qu'elle fréquente assidûment, matière à nourrir ses hypothèses à travers l'étude de la personnalité d'auteurs ou de personnages de romans.
Freud fut sans doute le premier à dévoiler l'imposture du rêve, qui réussit, par ses multiples déguisements, à se faire passer pour ce qu'il n'est pas et à donner une apparence souvent anodine aux désirs inconscients sexuels et infantiles… Depuis, les psychanalystes ont appris à explorer les contenus latents, à débusquer ce qui se cache, à chercher inlassablement, derrière les apparences, le chemin de la pulsion et de ses satisfactions.
Il reste que démasquer l'imposture comme fonctionnement psychique et pénétrer ses méandres pour en soulager la souffrance quand elle s'exprime, n'est pas chose aisée… Dans ce domaine, le « prêt-à-porter » théorique et technique se révèle peu efficace et il faut toute l'intuition et la charpente théorique d'une clinicienne