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André Green avait demandé, de façon un peu provocante: « La sexualité a-t-elle un quelconque rapport avec la psychanalyse? » (Green, 1996, p. 829). Et Peter Fonagy, dans le livre Identity, Gender and Sexuality, édité par l'Association Internationale de Psychanalyse constate: « C'est comme s'il n'y avait plus de place en psychanalyse pour la sexualité. Nous ne la considérons plus comme fondamentale dans tous les cas de figure et même pas importante pour la théorisation actuelle » (Fonagy, 2006, p. 1, ma traduction). Il y ajoute que: « La psychosexualité, de nos jours, est le plus souvent considérée comme voilant d'autres conflits, non sexuels et plutôt liés à l'objet, que l'inverse » (Fonagy, 2006).
Pourtant, Freud avait soutenu que la reconnaissance de la causalité psychosexuelle de troubles psychiques constituerait le fondement de la psychanalyse. Il avait même ajouté que ceux qui ne voudraient pas le reconnaître ne devraient pas se nommer psychanalyste! Qu'a-t-il pu se passer pour que le noyau de la métapsychologie psychanalytique freudienne se trouve relégué à l'arrière-plan sans que la communauté analytique ait crié gare?
Je voudrais développer mon sujet selon quatre axes:
la diminution des structures oedipiennes dans la réalité clinique et la désexualisation de la théorie psychanalytique qui l'accompagne;
le malaise dans la théorie des pulsions;
la soi-disant « libération sexuelle »;
la confusion entre sexualité infantile et sexualité vécue de l'adulte, à l'intérieur et à l'extérieur de la psychanalyse.
Comme l'écrit Fonagy, il est évident que le sujet de la sexualité et du conflit sexuel prend moins de place dans les écrits contemporains