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L'exploration de l'incidence des processus inconscients sur le fonctionnement psychique est au cœur de la création de la psychanalyse par Freud. Tout en rappelant que la conscience est « notre unique fanal dans les ténèbres de la psychologie des profondeurs »1, « la psychanalyse stipule — selon Freud — que les processus psychiques sont en soi et pour soi inconscients et que ceux qui sont conscients ne sont que des actes et des parts isolés de la vie de l'âme »2. Quand en 1896 il utilise pour la première fois le néologisme de « psycho-analyse » Freud lie d'un nœud qu'il ne défera jamais la vie sexuelle, l'inconscient et sa nouvelle méthode qu'il qualifie de « procédé (…) fertile pour éclaircir les voies obscures de l'idéation inconsciente »3.
Le pouvoir d'attraction qu'exerce la psychanalyse va de concert avec la persistance des résistances qu'elle suscite. Tel Phénix de ses cendres, ces résistances renaissent sans cesse, en cours d'analyse comme dans la société civile voire même au sein du mouvement psychanalytique. Au plus profond, ce mouvement combiné d'attraction et de répulsion s'enracine dans le caractère ténébreux et puissant, indomptable, inconnaissable de l'inconscient que l'être humain tente incessamment, tel Sisyphe et son rocher, de contraindre, dompter, connaître et souvent aussi méconnaître. Toute l'œuvre de Freud — sa pensée, son pessimisme, mais aussi ses conflits — en constitue un témoignage unique, de I' « indestructibilité »4 des désirs inconscients décrit au début de son œuvre jusqu'au « chaos, un chaudron plein d'excitations en ebullition »5 des dernières années. Ce qui « résiste »6 dans la psychanalyse, ce qui fait obstacle à ce qu'elle se laisse phagocyter par d'autres approches alternatives du psychisme prend à mon sens ancrage dans la spécificité de ce travail avec l'inconscient que la psychanalyse incorpore dans son mode complexe de compréhension des chemins de la subjectivation.