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Les deux textes qui suivent abordent le problème de la vision Winnicottienne de l'inconscient. Le premier, de Pierre Paduart, tente, dans un esprit assez cartésien et « français ». de montrer en quoi Winnicott, décrivant un inconscient lié au clivage, complète l'œuvre de Freud, plus centrée sur le refoulement. Mimi Armstrong, dans le second texte, évoque de manière plus ludique, plus intuitive, plus « anglaise »? les aspects poétiques et insaisissables de l'inconscient pour Winnicott
Pierre Paduart
Il n'est pas aisé de construire un texte cohérent et systématique sur la vision winnicottienne de l'inconscient.
Les mots « inconscient ». « préconscient » ou « topiques » n'apparaissent que rarement dans les œuvres de Winnicott et ce dernier, contrairement à Freud ou Mélanie Klein, ne semble que peu soucieux de construire un édifice métapsychologique structuré et cohérent.
Je me bornerai donc, dans ce texte un peu pointilliste, à évoquer quatre points qui m'ont frappé dans les allusions de Winnicott à l'inconscient.
A plusieurs endroits de son œuvre (dans ses textes sur le développement affectif primaire, sur les aspects métapsychologiques et cliniques de la régression et sur la position dépressive), Winnicott nous donne sa vision d'une nosographie psychanalytique. Il y répartit les patients en trois catégories, répartition nosographique qui n'est pas sans conserver une certaine pertinence à l'heure actuelle.
La première catégorie réunit des cas très graves, débordant les capacités d'un analyste isolé, et nécessitant une institutionnalisation (on peut reconnaître ici les psychoses, les psychopathies, les désordres psychosomatiques sévères,…)
Dans le second groupe, Winnicott place les très fréquents « troubles de l'humeur » (« cas difficiles ». états-limites, troubles narcissiques identitaires) où l'analyse, par une régression à la dépendance, vise les difficultés de la position dépress