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Peut-on établir une définition, mettre en boîte, l'Inconscient de Winnicott? Ou est-ce que tenter de le définir signifie en quelque sorte chercher à l'enfermer, et par là même, lui ôter son caractère vivant? Pour moi, l'Inconscient de Winnicott est, dans son essence même, vivace, multiforme, insaisissable.
Comme l'a dit Winnicott dans son article sur le développement émotionnel primitif,
Je ne passerai pas, d'abord, par une revue historique, en montrant le développement de mes idées à partir des théories des autres, parce que mon esprit ne fonctionne pas comme ça. Ce qui se passe, c'est que je prends ceci et cela, ci et là; je m'installe dans mon expérience clinique, formule mes propres théories, et, tout à la fin, je m'intéresse à voir: où ai-je volé quoi? Peut-être est-ce là une aussi bonne méthode que toute autre.
(« Primitive Emotional Development » 1945, in Through Paediatrics to Psychoanalysis, London, 1958, Karnac edition, 1992, p. 145.)
Par ailleurs, Winnicott écrit:
Penser logiquement prend plus de temps et n'aboutira peut-être jamais, alors que le flash d'intuition ne prend pas de temps du tout et y arrive immédiatement. La science a besoin des deux façons de procéder. Ici nous sommes à la recherche de mots, nous sommes en train de penser, d'essayer d'être logique, incluant une étude de l'inconscient qui permet une vaste extension du domaine de la logique. Mais en même temps, nous devons être capables de rechercher/accueillir les symboles, et de créer, de façon imaginative et dans un langage pré-verbal; nous avons besoin de pouvoir penser de façon hallucinatoire. (« New Light on Childen's Thinking ». 1965, in Psycho-analytic Explorations, p. 157)