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Colloque d'Ostende 23 et 24 février 2008
Depuis de nombreuses années, l'impact du réel intra-analytique sur le processus de l'analysant m'a frappée par son intensité exceptionnelle, mais également en tant que révélateur d'une clinique spécifique. Par réalité intra-analytique j'entends plus précisément les événements et situations atypiques où l'analyste se comporte de manière inaccoutumée, non conforme aux normes de la cure. Dans « Les avatars du réel, de l'actuel, dans la cure ». un texte inédit présenté à la S. B. P il y a de nombreuses années (1998), je m'étais intéressée au rêve d'un patient consécutif à une défaillance de ma part. Sa qualité élaborative était frappante. Elle contrastait avec la paralysie concomitante du préconscient se traduisant par la sidération de l'analysant et l'absence d'association. Le clivage du Moi, ainsi mis en évidence, révélait l'existence d'un Moi les élaboratif habituellement dissimulé derrière le Pcs, qui occupe en général le devant de la scène. Ce phénomène singulier invite à revisiter le concept de Moi les.
Lorsqu'il conçoit le Moi les (1923), Freud lui attribue uniquement une fonction défensive, infiltrée de surcroît par les caractéristiques archaïques du ça, tels les aspects compulsifs, répétitifs et déréels. La psychanalyse actuelle en étend, par contre, les contours. C'est ainsi que R. Roussillon (1995), lui attribue l'élaboration des symbolisations primaires, tandis que lui impute celle de la représentation.
Une constatation s'impose, dans le contexte d'un impact intra-analytique lié au comportement de l'analyste, la représentation pulsionnelle, chère à Freud, est loin d'être toujours au rendez-vous. Tout se passe comme si, dans un premier temps, les besoins du Moi de l'analysant prenaient le pas sur les exigences pulsionnelles. Dans