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L'exploration plus avant du thème du silence m'a conduite à élargir et approfondir ma réflexion de départ, celle du silence en psychanalyse sous les aspects de l'analité, du narcissisme, et de la créativité, de même que le silence du psychanalyste (1982). Il n'empêche que persistent certains invariants tels que le point de vue selon lequel le silence ne peut — à mon sens — pas s'envisager sans son rapport à la parole et, fondamentalement, à la voix et à la sonorité (2007).
Si Freud s'est peu intéressé au silence, l'ayant considéré comme simple résistance (comme encore récemment Danon-Boileau, 2007), il ne s'est jamais départi de la notion que le Moi plonge ses racines dans le corps. Or, dans l'extraordinaire polysémie du silence qui nous apparaît aujourd'hui, la part du perceptif infiltré ou imbibé de sensorialité est loin d'être négligeable, particulièrement si on envisage le silence dans ses rapports à la voix, comme nous le verrons.
D'emblée, d'ailleurs, la relativité des deux termes s'impose: nous savons combien certains silences sont saturés de mots et combien certaines paroles, qu'elles soient redondantes ou défensives, sont ou font silence… sur autre chose, qui a partie liée à l'affect et à la pulsion insuffisamment transformés. Les «interprétations-bouchons», décrites par F. Guignard (1996) en font notamment partie. A contrario, certains silences véhiculent beaucoup plus de sens que certaines paroles. Tels l'écran, ils révèlent en cela même qu'ils obturent.
Quels rapports donc, entre silence et parole? Et de quelle parole s'agit-il? À quel niveau de symbolisation? À quel niveau de sens? On peut penser à un lien de contraste ou d'opposition — sur le plan formel, c'est évident —, d'oscillation entre les deux, un lien dialectique, ou un rapport d'interpénétration, d'imbrication, d'intrication…
Quoi qu'il en soit, on peut supposer que le silence a partie liée avec l'activité pulsionnelle, qu'il soit silence de contre-investissement ou silence