You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le concept de pulsion prend des sens très variables selon les auteurs et sa nécessité est parfois même remise en question (Anzieu et al., 1984). Mais qu'est-ce qui nous puise? Qu'est-ce qui nous meut? D'où vient l'envie de vivre? Ou, comme c'est le cas dans la dépression, dans quelles circonstances les motivations à agir disparaissent-elles? Avec ces questions naïves, on peut retrouver de l'intérêt pour le concept de pulsion et celui tout aussi flou de dépression.
L'originalité de l'approche de Freud, lorsqu'il a introduit le concept de pulsion, était de nous avoir invités à ne pas nous agripper au lien entre pulsion et objet sexuels (Freud, 1905, p. 54). Aujourd'hui, la critique de la conception solipsiste de la pulsion est largement partagée, ajuste titre. La décomposition du couple pulsion-objet ne tient pas très longtemps la route dans les faits et les observations. Même Freud ne peut envisager l'une sans l'autre de bout en bout de ses trois essais. Quand, dans le troisième, il étudie les métamorphoses de la puberté, le premier objet d'amour redevient central dans les choix d'objet ultérieurs: «La figure de l'enfant qui tête le sein de la mère est devenu le modèle de tout rapport amoureux» (Freud, 1905, p. 165). Mais cette décomposition garde une grande valeur clinique et théorique, tout particulièrement lorsque l'on veut sortir de l'impasse à laquelle mène, dans l'abord de la dépression, toute fixation sur la responsabilité de l'objet, de l'environnement, et l'impact des traumatismes. C'est par cette décomposition même, véritable travail de l'analyse, que peut s'amorcer une remobilisation du jeu pulsionnel.
L'idée de variabilité, de labilité de l'objet est admise par lui comme choquante, mais nécessaire à la réalisation de la pulsion (Freud, 1905, p. 56, voir aussi l'ajout de 1910 en bas de page où il critique le mépris de l'activité pulsionnelle en soi). D'après lui, la meilleure chose qui puisse arriver à la pulsion, c'est le déplace