You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Toute composition est d'abord traces et effacement, lignes de force, de fuite, pleins et déliés, ombres, lumière, estompages1…
Met-on en mots un trajet d'analyse, d'une formation, d'un chemin avec un patient? Parle-t-on d'une rencontre à soi-même et à l'autre?
Comment aussi parler d'un peintre, une vie, une œuvre, mettre des mots sur ce qui, justement, ne se dit pas en mots?
Traces… traces inscrites, affirmées, attaquées, effacées… effleurement ou blessures gravées dans la peau même de la peinture… empreinte en négatif à jamais présent dans son effacement… pour qu'après vienne s'y jouer la couleur…
Je ne vous amène en fait aujourd'hui que des questions, j'espère qu'elles feront écho en vous et pourront simplement se partager et s'approfondir ici.
Ces questions m'accompagnent depuis fort longtemps… elles me sont venues tout d'abord par ce que le peintre Charlotte Vindevoghel m'a appris de la peinture et du parcours de Nicolas de Staël…. Ses œuvres d'abord, très intensément, en bloc, en masse, à l'intuition… puis son abondante correspondance écrite… et d'année en année, elles se sont lentement précisées et ouvertes en même temps que ma formation venait les éclairer et les approfondir, ou était-ce l'inverse?
Je ne saurais honnêtement pas dire lequel éclaire lequel, mais ces deux chemins sont importants pour moi et se parlent vraiment: en effet, dans ce chemin parallèle d'apprentissage de la peinture et de la psychanalyse, n'ai-je pas été une fois de plus confrontée aux très anciennes difficultés: celles qui peuvent tellement nous faire penser à ces enfants trop «collés» à leur mère dans une sensorialité primaire, un accrochage au perceptif et qui ont alors bien du mal à élaborer