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Le point de vue qui va être développé ici repose sur l'idée qu'il n'y a pas d'opposition, pas d'opposition radicale, à l'inverse de ce qui est souvent avancé, entre les données du processus de symbolisation et ce qui peut concerner l'acte et le comportement. Il s'agit donc du même coup de délivrer ce qu'il y a de potentiel symbolisant dans l'acte, de dégager sa valeur messagère, l'histoire dont il est porteur.
Mon hypothèse est donc que l'acte, l'agir, le comportement ne sont pas « bêtes », qu'ils sont porteurs d'une mémoire et d'une protonarration « dégénérées », mémoire d'événements ou de mode relationnel archaïque préverbaux, ou plutôt non verbaux, c'est-à-dire survenus avant l'apparition du langage verbal.
Cette question, et l'inflexion paradigmatique qu'elle implique, contient des enjeux cliniques fondamentaux quand elle rencontre les formes cliniques de la problématique des souffrances narcissiques-identitaires, celles qui produisent les situations limites et extrêmes de la subjectivité dans lesquelles la question du corps, et du corps comme soma, du corps comme « musculature », c'est-à-dire de l'agir, est centrale.
Ces questions cliniques nous conduisent à affiner notre conception de l'acte et de l'action, elles impliquent une réflexion sur l'outil avec lequel on cherche à les penser, peut-être même parfois, leur impasse résulte-t-elle de l'outil lui-même, ou plutôt de l'utilisation qui peut être faite de celui-ci.
Il s'agit donc aussi de dégager la métapsychologie de la menace que fait peser sur son entreprise certaines théories de l'acte et du recours au corps, et donc d'effectuer un détour préalable par l'analyse du statut de l'acte dans la théorie courante et ordinaire.
La psychanalyse s'est d'abord développée à partir de la clinique de l'adulte névrosé précisément marquée du sceau de l'inhibition de l'acte.