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Dans plusieurs articles de la Revue Belge de Psychanalyse (n°s 45, 52 et 54), j'évoquais la nécessité pour les psychanalystes d'une ouverture à l'altérité culturelle. Cet article est issu d'une conférence donnée à des intervenants sociaux et des ethnologues1*. Il souligne l'importance irremplaçable, incontournable de la psychanalyse au sein des sciences humaines. En effet, la psychanalyse présente une spécificité nette qui lui permet de combler certaines lacunes d'autres paradigmes en sciences humaines.
Seront évoqués successivement, à ce propos, cinq paradigmes: le marxisme, le structuralisme de Lévi-Strauss, la psychologie cognitive, l'économisme et le culturalisme.
Cependant, lorsque l'on évoque l'avenir de la psychanalyse, il est clair qu'elle doit se confronter à certains défis et opérer certaines inflexions pour aborder le siècle qui vient.
Karl Marx a été surnommé, comme Freud d'ailleurs, un « penseur du soupçon ». Son grand mérite est d'avoir attiré l'attention sur le fait qu'il n'existe pas d'autonomie absolue des idées et que l'on ne peut dissocier celles-ci de leur contexte économique, social et historique. En dessous du sens apparent, il faut suspecter un déterminisme souterrain et masqué.
La pensée de Marx est complexe, évolutive, contradictoire, ce qui l'a amené à dire, vers la fin de sa vie, qu'il n'était pas marxiste!
Le marxisme orthodoxe, pour sa part, est un matérialisme historique strict, opérant une distinction entre une infrastructure faite de conditions économiques, matérielles et techniques, et de rapports de production et, découlant de la première, une superstructure où l'on retrouve la morale, les valeurs, les idées, les conceptions religieuses, juridiques, politiques, artistiques, etc.