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L'homoparentalité a été un grand sujet de débat, en France, lorsque des couples divorçaient et que l'un des parents, s'installant avec un partenaire homosexuel, entendait conserver néanmoins son droit de garde envers ses enfants. Puis lorsque le PACS fut institué, le législateur précisa qu'il n'entraînait aucun droit à la parentalité. Aujourd'hui, c'est de la conception d'enfant par un couple lesbien qu'il s'agit, et me voici stimulée à y penser avec vous, alors que cette pratique, non autorisée en France, ne s'appuie pour moi sur aucun cas clinique suivi, où j'aurais pu rencontrer un enfant ainsi conçu, ni même sur l'observation analytique d'un patient souhaitant mettre en œuvre une homoparentalité en couple.
Toutefois, travaillant depuis longtemps sur l'infertilité, il m'est arrivé de traiter des femmes homosexuelles qui ne réussissaient pas à procréer avec un partenaire masculin «occasionnel» ou des femmes qui avaient pu adopter un enfant en tant que célibataire. Et maintenant, je me trouve devant une réalité, la réponse de couples de lesbiennes à l'offre de procréation issue des progrès de la technique. Vous avez eu le courage ici, en Belgique, d'instituer une éthique des droits de l'homme définie comme liberté d'utiliser son propre corps. Les Français, eux, observent une éthique dite «du bien» où ce sont les institutions qui décident et refusent ce droit par l'application des lois de bioéthique promulguées au nom de «l'intérêt de l'enfant» à venir dont on spécule faute d'observations. Aussi suis-je particulièrement motivée à accompagner une étude sur cette situation, car seules des recherches scientifiques pourront réussir à convaincre les détracteurs de laisser une part plus grande à la liberté individuelle dans l'homoparentalité.
Comme psychanalyste, j'ai dit combien notre neutralité de rigueur était insoutenable, depuis notre fauteuil. Trop d'écrits s'intitulent «Les psychanalystes pensent» pour qu'il soit supportable de les laisser s'exprimer au nom de tous2.