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Le texte de l'exposé de S. Faure-Pragier au Colloque de février 2010 de la Société belge de Psychanalyse, qui est repris intégralement dans ce numéro de la Revue, ouvre de manière large et argumentée un débat qui, comme elle le souligne, concerne la psychanalyse à deux niveaux au moins:
celui des effets des évolutions sociales (au niveau des techniques, des mentalités et des structures sociales) sur les pratiques mais également sur les théorisations psychanalytiques;
celui de la légitimité que confère — ou non — aux psychanalystes, à titre individuel en tant que professionnels, et collectivement au sein de leur sociétés scientifiques, l'expérience issue de leurs pratiques cliniques d'une part, et les modèles du développement et du fonctionnement psychique qui sous-tendent ces pratiques d'autre part, pour intervenir dans certains débats de société.
S. Faure-Pragier défend avec enthousiasme quelques convictions qui déterminent son approche dans ces domaines:
tout d'abord, elle prend une position d'ouverture a priori à l'égard des changements sociaux et technologiques, tout en invitant à réfléchir à leurs effets éventuellement négatifs ou pervers afin d'essayer de les limiter ou de les transformer, plutôt que de tenter vainement de s'y opposer; par rapport à l'insémination de couples homosexuels, elle l'envisage dans le cadre de son « long combat pour le droit des patients à utiliser les avancées techniques »;
elle prône donc, dans cette dynamique d'ouverture, l'implication active des psychanalystes et de leurs sociétés dans des réflexions et des recherches cliniques et théoriques, permettant des prises de positions dans les débats de société qui ne se fondent pas — ou le moins possible — sur un « conservatisme » idéologique: « je ne sais pas encore si je suis favorable à l'homoparentalité mais je suis sûre que je suis défavorable aux collègues qui s'érigent contre elle ». Comme elle l'écrit, sa démarche vise « davantage à se démarquer des pourfendeurs de l'homoparentalité