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Une jeune femme, fichu noir noué sur une perruque brune, lunettes de soleil, noires aussi, embarque dans le dernier vol Los Angeles - New York du 6 décembre 1954. Elle a 28 ans, et s'est enregistrée sous le nom de Zelda Zonk.
Un mois plus tôt, le 6 novembre, elle était célébrée par le tout-Hollywood réuni à l'hôtel Romanoff de Beverly Hills par Charles Feldman, le producteur de Sept ans de réflexion1. Née Norma Jeane Mortenson2, Marilyn adopte à 12 ans le nom du premier mari de sa mère, Baker, et enlève le « e » de son second prénom, avant de choisir comme patronyme, à 22 ans, à la demande de la Fox, le nom de jeune fille de sa mère, Monroe, et le prénom qu'elle immortalisera3. En cette fin d'année 1954, à peine consacrée à Hollywood, elle s'échappe pour s'établir à New York, une ville où elle respire. Elle vient de divorcer en octobre, après dix mois de mariage, de son deuxième mari, « Joltin' Joe » Di Maggio, icône du base-ball dans l'équipe des Yankee de New York. Elle va suivre les cours de Lee Strasberg, à l'Actors Studio, qui considère que tout acteur devait « libérer son inconscient ». Un ami lui recommande alors sa propre analyste, Margaret Herz Hohenberg, «une grosse femme austère à cheveux blancs retenus en nattes serrées» d'origine hongroise, pour un traitement à cinq séances par semaine : «selon un scénario qui allait se répéter, Hohenberg devint dès la fin de l'année plus qu'une thérapeute : elle réglait un litige entre sa patiente et son coiffeur, lui interdisait certaines fréquentations, la conseillait sur ses rôles» (Schneider, 20064). C'est elle par exemple qui, toujours d'après Schneider5, négocie en 1956 avec les producteurs