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Je vais proposer quelques réflexions sur la fonction paternelle, avec l'idée qu'il convient de repenser cette fonction dont les représentations données par la psychanalyse ne me paraissent pas satisfaisantes. En effet, si la considération et la modélisation de la fonction maternelle fait peu problème, me semble-t-il, la théorisation de la fonction paternelle peut quant à elle prêter à débat.
Je donnerai quelques précisions concernant la place du père et de la mère dans l'investissement du bébé, puis décrirai différents aspects de la fonction paternelle, que je considérerai comme une fonction psychique. Je préciserai sa place dans le développement psychique et dans le fonctionnement psychique, subjectif et intersubjectif,
La psychanalyse a souvent présenté le père comme d'une importance secondaire, après la mère, et servant surtout à introduire un écart entre le bébé et la mère, à interdire l'inceste, à énoncer la loi, etc. La fonction paternelle recouvre en fait bien autre chose que cette fonction symbolique de castration, souvent mise au premier plan.
J'insisterai d'abord sur le fait que le père est présent et perçu d'emblée par le bébé comme un objet de relation, alors que la psychanalyse en fait souvent un objet lointain, tardivement investi comme tel. On peut en effet lire, par exemple, dans un numéro d'une revue de psychanalyse consacré à la fonction paternelle que si la mère et l'enfant sont dans un rapproché corporel, « le père, lui, noue avec l'enfant une relation plus distante dont la valeur est essentiellement symbolique »1. Ou bien encore : « La fonction paternelle est […] « un préjugé nécessaire de la psychologie des profondeurs […] dont la dimension mythique est capitale ». »2
Un certain nombre de psychanalystes, cependant, s'écartent plus ou moins de cette conception mythique du père et, même s'ils reconnaissent une primauté de la relation à la mère, constatent que le père est présent très tôt dans la vie et dans l'esprit de l'e