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Nous devons à Pierre Puttemans ce projet original de publication conjointe qui est à la fois un ouvrage des éditions Mardaga, et le numéro 59 de la Revue Belge de Psychanalyse. Nous sommes très heureux de cette occasion de présenter un numéro doublement spécial: centré sur le thème des rapports entre création littéraire et psychanalyse, il rassemble des textes - pour la plupart inédits - de Jacqueline Harpman, où elle aborde cette question à partir de sa double identité d'écrivain reconnue et de psychanalyste accomplie.
Je laisse à Nicole Minazio le soin d'introduire l'ouvrage dans une perspective psychanalytique, et je ne m'aventurerai pas ici au-delà de quelques notes personnelles. Jeannine Paque de son côté introduit l'ouvrage du point de vue littéraire.
J'ai eu la chance de rencontrer Jacqueline Harpman, psychanalyste, pour la supervision d'une situation clinique difficile, dans le bureau un peu sombre du sous-sol de sa maison. Outre ses textes psychanalytiques, plusieurs de ses romans et nouvelles, à l'instar de La fille démantelée et de La plage d'Ostende - restent très présents à ma mémoire.
L'écriture romanesque comme la cure psychanalytique mettent en œuvre des processus de transformation de la «matière première psychique», mais leurs visées diffèrent: mise en jeu de la vitalité créative de l'auteur dans l'espace culturel d'un côté; intégration de la destructivité par sa remise en jeu et en liens dans l'espace transféro-contretransféren-tiel de l'autre.