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André Green a été une des figures les plus représentatives du monde psychanalytique depuis les trente dernières années du vingtième siècle. Son œuvre a influencé non seulement la psychanalyse française post-lacanienne mais est aussi devenue un patrimoine pour tout le mouvement psychanalytique international.
La première contribution théorique qui a mis en évidence l'originalité de sa pensée fut le Rapport au Congrès des psychanalystes de langues romanes en 1970 sur le thème « L'affect ». Ce rapport, qui en 1973 a été publié dans le livre Le Discours Vivant, a marqué sa rupture avec J. Lacan et la fin de sa participation, qui avait été active entre 1960 et 1967, à ses séminaires.
Dans sa réflexion sur l'affect, il a reporté l'attention sur la pulsion que Lacan avait en partie marginalisée au profit du signifiant et de la conception de l'inconscient « structuré comme un langage ». En conséquence, l'attention portée à la pulsion remettait le corps au centre de la scène, ouvrant, de facto, un débat qui a laissé des traces profondes dans le monde de la psychanalyse française, et qui, dans quelques cas, a occasionné de vives confrontations théoriques avec d'autres collègues qu'André Green accusait, implicitement ou explicitement, de lacanisme — encrypté1, mais avec qui, directement ou indirectement, il a continué à dialoguer jusqu'à la fin de sa vie.
En effet, la question du langage est restée une référence constante dans l'œuvre de Green, comme en témoigne sa production scientifique, de la publication de 1984, Le langage dans la psychanalyse, jusqu'à Du signe au discours, publié en 2011. Mettant la pulsion, ou plutôt la motion pusionnelle (Triebregung) au centre de l'attention, Green a choisi clairement une position autour de la deuxième topique freudienne, où le « Ça » comme fondement de l'inconscient est le produit d'un travail, tandis que dans la première topique la « représentation inconsciente » est plutôt considérée comme un contenant de l'inconscient. Ce travail, défi