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La caractéristique saillante de l'œuvre d'André Green est l'articulation réussie entre une connaissance approfondie étayée par une fidélité rigoureuse au texte freudien et un talent créatif et intuitif qui ouvre des voies nouvelles et originales.
La connaissance de l'œuvre de Freud n'a jamais été pour Green une « religion », ni une « idéologie » mais un champ vivant à labourer afin d'y puiser des allusions, des inspirations, des intuitions, toutes ouvertures vers le nouveau.
Il y a chez Green une sorte de « modestie », au sens où il fait preuve d'une très grande rigueur et peut clairement indiquer le « fil » freudien qui lui sert de point de départ pour ses élaborations et développements, là où d'autres auteurs, parfois par une connaissance moins approfondie de l'œuvre freudienne, avancent sans prendre la mesure des références freudiennes qui implicitement ou indirectement les ont conduits dans leurs cheminements.
Au fil des années j'ai eu de nombreuses occasions de rencontre et de travail partagé avec Green, durant lesquelles une estime, une sympathie et une profonde amitié nous ont liés.
Nous avons eu des occasions de supervisions et d'échanges croisés. Ce qui a toujours suscité mon admiration c'est que les théories freudiennes, loin d'ětre une entrave à sa pensée, constituaient au contraire une sorte de piste d'où ses nouvelles perspectives et ouvertures pouvaient d'abord s'essayer, puis décoller.
Certes André n'est pas un auteur facile et cela tient à diverses raisons: il y a dans son œuvre une référence constante, comme je le disais, à toutes les facettes de la pensée freudienne, měme les plus implicites, qui sont loin d'ětre connues de tous.
Aussi il y a un renvoi constant aux auteurs dont l'œuvre est centrale pour la psychanalyse française, mais qui ne sont pas aussi connus des psychanalystes appartenant à d'autres cultures.
Les références au climat culturel français, au sens le plus large, sont également fréquentes.