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La psychanalyse française et francophone a trouvé moins d'échos en Allemagne que la psychanalyse américaine et anglaise. Cela est dû d'une part au fait que la barrière linguistique du français était restée, comme le formulait Otto Kernberg, très imperméable. Le français n'était enseigné comme première langue étrangère que dans les écoles secondaires des zones d'occupation françaises, les Länder Bade-Wurtemberg et la Rhénanie-Palatinat, créées en 1947, ainsi que dans la Sarre, revenue à la République fédérale d'Allemagne depuis 1957; dans les autres Länder, l'anglais et le russe furent les premières langues étrangères enseignées à l'école. Cette décision politique prise après 1945 concernant le curriculum académique a eu entre autres un effet à long terme sur l'impact de la psychanalyse française et francophone. Peu de psychothérapeutes ou psychanalystes allemands pouvaient ou peuvent lire André Green en français. C'est pour cela que je voudrais remercier ici Emma Moersch, Erika Kittler, Eike Wolff et Brigitte Grosse pour leurs travaux de traduction méritoires.
Par ailleurs, depuis 1945, la psychanalyse allemande s'est longtemps orientée vers la psychanalyse anglaise et américaine. Jusque dans les années 1970-1980, la reconstruction de la psychanalyse en France après sa destruction au cours de la Deuxième Guerre mondiale, s'appuyant surtout sur le retour aux écrits de Freud, ainsi que sur des débats entre psychanalystes, philosophes, écrivains et autres intellectuels sur la psychanalyse, n'a influencé que de loin la psychanalyse allemande et ses discussion sur l'Holocauste, la psychanalyse pendant le national-socialisme et après 19451.
Vu ces développements historiques, il est surprenant de constater que presque chaque candidat en formation psychanalytique en Allemagne connaît le « concept de la mère morte » d'André Green — měme s'il n'a pas lu en entier, ou n'a pas lu du tout, l'article d'André Green « La mère morte », paru en 19932, 10 ans après sa publication en Fra