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Certains analystes d'adultes sont, on le sait, résolument hostiles à la psychanalyse des enfants, et plus encore, parfois, à l'approche psychanalytique des bébés.
Je ne citerai évidemment personne, discrétion oblige !
En dépit de cela, il est pourtant clair que les travaux de certains psychanalystes d'adultes apparaissent comme extrěmement utiles pour tous ceux qui travaillent avec les bébés, et certains de ces apports théoriques s'avèrent měme décisifs pour la modélisation de l'ontogenèse psychique: que l'on pense, par exemple, aux recherches de P. Aulagnier sur les signifiants primordiaux, de W.R. Bion sur l'identification projective normale, de J. Laplanche sur la co-construction de la pulsion par l'adulte et l'enfant, et donc … d'A. Green dont il sera question ici. Je me sens alors amené à dévoiler deux propos privés qui ne sont cependant pas de véritables confidences, puisqu'il s'agit de propos que leurs auteurs ont eux-měmes publiquement évoqués, et dont ils n'ont pas demandé le secret.
Il s'agit d'abord d'une lettre qu'A. Green avait adressée à S. Lebovici pour le remercier de l'envoi de son livre écrit en 1983, Le nourrisson, la mère et le psychanalyste, et dans laquelle A. Green écrivait: « Mais quand cesseras-tu donc de t'occuper de l'enfant réel pour t'occuper de l'enfant vrai ? », comme si, pour A. Green, seul le bébé reconstruit de la psychanalyse avait droit au label d'authenticité … On voit bien, là, l'intensité du clivage entre les partisans de l'enfant observé et ceux de l'enfant reconstruit!
Á l'opposé, ce propos que J. Laplanche me tint un jour, alors que j'étais venu faire une conférence à Dijon dans le groupe de J.-L. et M. Brenot et à laquelle il m'avait fait l'honneur d'assister: « Vous savez, Golse, si j'avais une deuxième vie, je crois que je m'occuperais de bébés ».
Ces deux propos reflètent à l'évidence des positions diamétralement opposées quant à la prise en compte du bébé, de sa croissance et sa maturation psychiques au sein de la pensée psy