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Après la mort d'André Green, les hommages, les hagiographies, les exégèses, les relectures critiques, les interprétations et surinterprétations, les citations ne vont pas manquer de saturer l'espace oral et écrit pour nous rappeler combien la perte est grande mais surtout, combien le legs est immense. Si notre fortune est considérable, notre bonne fortune, elle, est à travailler, à aiguiser sans répit. Sans compter qu'à l'heure actuelle, c'est l'infortune qui accable la psychanalyse. Citons un fait récent parmi d'autres: une proposition de loi du député UMP du Nord-Pas-de-Calais qui tend à interdire la référence à la psychanalyse — et měme sa lecture ! — dans la prise en charge des sujets dits autistes; cette proposition étant relayée par les médias dans une offensive que l'on devine gangrenée par la haine. Une sorte de griserie collective pour l'évitement de la pensée tendrait-elle à se déployer ?
Il me plaît de penser que la voix d'André Green se serait élevée, que sa plume, ou plutôt son scalpel, trempé dans l'encre piquante et acerbe des controverses, aurait pris position avec la vigueur et la pertinence qu'on lui connaissait. Non pas qu'il ait eu le pouvoir d'endiguer le mouvement mais de faire entendre un point de vue de poids face à la scène honteuse sur laquelle se dévoile le dépérissement de la pensée, voire le dessein de sa mise à mort.
Parmi ses contributions majeures à la pensée clinique et théorique, figure la remarquable conceptualisation de la position phobique centrale qui place au cœur de psyché une véritable phobie du fonctionnement psychique, une inhibition étendue du moi qui empěche tout déploiement possible de la communication dans le psychisme. Il élève au rang de « position » un fonctionnement qui n'est pas en soi une défense ou une régression, bien que tout un cortège de mesures défensives en découle, mais une véritable phobie du fonctionnement mental, un déni de la réalité psychique, destinés à protéger d'une sensation de terrassement par un d